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Le roi est mort. Vive le roi !

Tous les 21 janvier, les royalistes de France célèbrent la mort de Louis XVI. En 2008, c'était son 215e anniversaire. Ambiance

Austère et pesante. L’église Saint-Georges, dans le Vieux-Lyon, a accueilli hier à 18 h 30 une messe commémorative de la mort de Louis XVI, le 21 janvier 1793. Une occasion pour les royalistes de Lyon de se réunir en souvenir du roi guillotiné mais surtout « pour la France ». Une quarantaine de personnes dispersées dans une église pratiquement vide. Quelques couples, une très large majorité d’hommes, tous vêtus de longs manteaux noirs. Beaucoup de jeunes, voire d’adolescents, des personnes âgées mais peu de quadragénaires, probablement encore au travail. Point de fleurs de lys ou de chevalières à outrance, tout est dans la sobriété et la simplicité. De longs et beaux chants en latin laissent la place au sermon du prêtre. « Cette célébration tient en deux mots : mémoire et identité », commente-t-il, comme pour signifier qu’il ne s’agit pas seulement d’un hommage mais aussi d’un combat pour retrouver une France qu’il estime perdue. D’un ton monocorde et directif, le prêtre condamne une Europe anti-nationaliste et évoque une France qu’il voudrait souveraine, gouvernée par un roi, garant de la place de l’Eglise dans le pays. Il rappelle ensuite la nécessité de la lutte contre l’avortement, insistant sur le droit absolu à la vie. A la même heure, des chants royalistes étaient interprétés au local des Chasseurs alpins, dans le 2e arrondissement.

Samedi matin, une messe, plus largement suivie, a été donnée par l’abbé Pepino, à 10 h 30 en l’église Saint-Pothin, place Edgar Quinet dans le 6e arrondissement. Le Prince Rémy de Bourbon-Parme, représentant le Prince Louis de Bourbon, était présent. Une rupture avec la tradition de la cérémonie à Saint Bonaventure, place des Cordeliers. « La messe pour Louis XVI nous a été imposée par Sant-Bonaventure », informe-t-on sèchement à Saint-Pothin. A Saint-Bonaventure, on se contente du minimum, mais dans une version plus diplomatique. « La messe a eu lieu à Saint-Pothin. On ne sait pas pourquoi ». A Ainay, considéré comme le quartier conservateur par excellence, la basilique Saint-Martin n’a pas organisé d’office. « Personne n’en réclame », s’empresse de rétorquer Renée Pascallon, de l’association « Les amis d’Ainay », comme gênée que son quartier puisse être considéré comme un vivier de royalistes. L’association Lyon 93, officiellement censée rendre hommage aux victimes du siège de Lyon en 1793, n’est pas très loquace mais répond néanmoins très poliment : « Nous ne nous occupons pas de la mort de Louis XVI. Il n’y a pas que les nobles qui ont été victimes, les révolutionnaires eux aussi ont payé ». A croire qu’ils se sont tous donné le mot : le silence n’est-il pas d’or ?

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Légende : La messe se déroulait en l’église Saint Pothin, place Edgar Quinet dans le 6e, en présence du Prince Rémy de Bourbon-Parme / Photo J.O.

Du côté des royalistes

C’est l’association Présence du souvenir bourbonien en Forez, Lyonnais et Bourbonnais, présidée par Loïk Bernard, qui a organisé la célébration de samedi, comme tous les ans. Son objectif ? « Faire connaître le principe incarné du Prince », entendez le Prince Louis de Bourbon. Les Bourboniens sont appelés légitimistes, partisans des Bourbons d’Espagne, en opposition aux Orléanistes, partisans du vicomte Jean de Vendôme, fils du Comte de Paris. Leur point de discorde : Louis-Philippe, fils de Philippe-Egalité, qui a accédé au trône contre les lois de succession.

L’Action française n’a pas participé aux célébrations. Bien que partisan du Comte de Paris, Stéphane Blanchonnet, président à Lyon, ne se considère pas comme Orléaniste, puisque, pour lui, « c’est le Comte de Paris qui est légitime et pas les Espagnols ». « J’aime la France, je suis patriote, je cherche celui qui est le plus à même de gouverner. Pourtant, je ne suis pas un traditionnaliste. Mon grand-père était un maquisard », explique-t-il. « L’Action française a surtout des visées politiques. Nous ne faisons pas du royalisme sociologique, parce que nos familles ne descendent pas forcément des rois ».

Julie Olagnol

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